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Nom du site: Roulive.com > L'actualité du cinéma: films, sorties, critiques, commentaires
Ajouté le : 2005-02-20
Dans la catégorie : Cinéma vidéo
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Indigènes (7/10)
Critique de denis: Indigènes est certainement un bon film et un beau film, mais je n'ai pas trouvé que c'était un grand film.
Il vaut essentiellement par son sujet, qui n'avait jamais (ou presque ?) été abordé jusqu'ici. C'est ce qui le rend poignant. Cela montre à quel point une institution censée être neutre (l'armée), peut utiliser sans scrupules un double langage. On se sert du courage des soldats nord-africains et on n'hésite pas à jouer sur leur fibre patriotique lorsqu'il s'agit de mener les missions dangereuses, mais lorsqu'il s'agit de récompenser ce même courage, on ferme soudainement les yeux. Cet aspect du scénario est le plus révoltant. On en admire d'autant plus l'abnégation de ces soldats qui, quoi qu'ils fassent, ne bénéficient d'aucune reconnaissance et sont victimes des pires discriminations.
A côté de ça, la réalisation et le scénario sont assez bateaux. Une première scène pas très réussie entre Jamel et sa mère. Un passage baclé sur la formation. Le film ne démarre vraiment qu'après, lorsque les soldats se retrouvent sur le front...
Et puis, la fin du film ressemble un peu trop à Il faut sauver le soldat Ryan (la défense désespérée d'un village et les renforts qui arrivent au dernier moment)...le talent de Spielberg en moins malheureusement (même si la scène n'est quand même pas mal).
Enfin, je suis d'accord avec Muriel sur deux points : les dialogues auraient pu être plus travaillés et Sami Bouajila est fantastique
Le Labyrinthe de Pan (9/10)
Critique de Muriel-Hublet: Une splendide réalisation de Guillermo Del Toro qui mélange la réalité désespérée d’une Espagne aux mains des fascistes, qui se rebelle contre leur joug totalitaire et les rêveries féeriques d’une petite fille.
Il nous offre d’un côté la cruauté et la violence de la répression, il crée autour du très autoritaire Vidal, capitaine de l’armée franquiste, un climat de crainte respectueuse, mais aussi une aura de folie meurtrière.
Ces scènes de brutalité, de tortures, de représailles sont largement compensées par le côté fantasmagorique du monde que se crée et s’imagine sa petite belle-fille Ofelia.
Elle nous fait redécouvrir les contes de notre enfance. Telle Alice aux pays des Merveilles, elle nous entraîne à la découverte d’un univers peuplé de rois, de princesses, de fées et de faunes.
Visuellement, ce rendu est superbement réalisé, il mélange le mystère, l’étrange et l’inquiétant. Sauterelle qui se transforme en petite fée, labyrinthe mouvant, faune délicieusement intrigant, crapaud baveur, craie magique, mandragore guérisseuse, tout est réuni dans un magnifique ensemble délicat et fragile, dans une ambiance si douce et feutrée qu’on en aurait peur de respirer par crainte de voir le rêve s’évanouir.
Cet habile mélange de deux mondes si contrastés, cette perpétuelle opposition entre un homme mégalomane, imbu de lui-même et prêt à tout pour continuer à dominer son entourage et la croyance tendre et naïve d’une enfant en mal d’amour donne au Labyrinthe de Pan un relief rarement égalé.
Le film est d’une puissance visuelle impressionnante, d’une qualité évocatrice assez exceptionnelle pour être soulignée.
Les femmes seront peut-être plus sensibles à sa beauté intérieure que le public masculin, mais les hommes l’apprécieront certainement.
Attention, ce n’est pas du tout un film pour enfants.
La présence de fées n’est pas tout, les scènes de violence sont bien là.
Les censeurs ne s’y sont donc pas trompés en interdisant, avec raisons, le film aux moins de douze ans.
The covenant (4/10)
Critique de Muriel-Hublet: Un film d’horreur, un de plus, basé sur l’histoire des sorcières d’Ipswichet des ados à l’avant-plan.
Cela devient une mode, une règle quasi générale de mettre systématiquement (ou quasi) des jeunes comme héros de tels films.
Le résultat en est une nouvelle fois très décevant.
Le scénario est assez classique, les bons sorciers contre les mauvais, les effets de l’abus de pouvoir, etc.
Rien de neuf de ce côté, on peut encore espérer quelque chose de bien des effets spéciaux et bien non.
On n’a guère mieux à se mettre sous la dent.
On y retrouve le style boules de feu lancées comme dans Charmed, les blocs de matières semblables à des bulles d’eau, du déjà vu, des héros qui se soulèvent dans les airs, en lévitation (comme Superman ?), des ados qui sautent partout et s’accrochent à n’importe quoi (du Spiderman furieux ?).
Des yeux qui changent de couleurs pour s’assombrir, déjà vu aussi.
On a en plus l’impression désagréable d’avoir raté quelques moments cruciaux, et sans avoir fermé l’œil une minute pourtant. Il manque des explications pour tenter vaille que vaille de rendre le tout plausible et on ne les aura jamais. Il faudra se contenter d’imaginer et de supputer.
Quand le film se termine sur le mot fin du 17e chapitre des aventures des sorciers d’Ipswich, mais que le mauvais est toujours en vie, si on pousse un ouf de soulagement en se disant qu’on a par chance échappé aux 16 épisodes précédents, on se jure bien que pour le 18e on ne sera pas dans la salle.
The black dahlia (6/10)
Critique de Muriel-Hublet: Un peu d’histoire pour commencer.
Le film est basé sur des faits réels, ceux qui ont entourés un meurtre crapuleux et jamais élucidé à ce jour. Une jeune femme a été retrouvée assassinée de façon violente dans un froid matin de janvier 1947 à Los Angeles.
On a en a écrit des choses sur cet acte de pure boucherie, on en a tiré des conjectures parfois mêmes les plus farfelues.
James Ellroy, un des maîtres du polar américain en a fait un superbe roman. Brian de Palma se charge de l’adaptation cinématographique.
C’est dire si le film est attendu et surtout, déjà critiqué bien longtemps avant le premier coup de manivelle. Les multiples péripéties financières dont il a fait l’objet, le choix des acteurs, tout y est passé pour augmenter notre impatience.
Depuis plus d’un an, sites Web et blogs se répandent en hypothèses sur la réalité du triste destin de la jeune Elizabeth Short, surnommée par la presse de l’époque Le Dahlia noir.
Le film est traité à la première personne et est le récit intimiste de la relation de deux hommes, de deux policiers, de deux confrères qui se voient chargés de cette enquête épineuse.
Ils entretiennent une relation d’amitié. Mais traîne aussi entre eux un ensemble de petites choses malsaines, les lient, éléments de passé trouble, petits mensonges ou grosses omissions. Dans une sorte de nuage hypnotique, nous les suivons pas à pas.
Le récit se met donc en place lentement, chaque personnage voit sa psychologie se développer touche par touche.
Les caméras nous montrent une superbe reconstitution d’ambiance d’un Los Angeles des années 50.
Ruelles sombres, bas-fonds, richesse, glamour, malfrats, tout est là et l’ensemble donne un ton, une vie, un cachet au film.
Le suspense est savamment dosé pour nous tenir en haleine, les indices sont distillés parcimonieusement tout au long des ¾ du film. Mais sans raison apparente, la mécanique s’emballe, la fin tombe dans un côté tapageur, confus, fait d’une incompréhensible violence, d’une élimination des protagonistes tous azimuts.
Ce qui dans le roman semblait logique et était clairement expliqué semble ici fouillis inextricable.
On en ressort un peu perplexe, dérouté surtout pour ceux qui n’ont pas lu le livre d’Ellroy.
Coté jeu des acteurs, Josh Hartnett en Bleichert-Ice n’est pas mal du tout, Aaron Eckhart est hélas un peu moins crédible en Blanchard-Fire, mais la palme du succès doit être donnée aux femmes cette fois.
Hilary Swank est la femme fatale, la superbe araignée noire qui tisse sa toile autour de notre héros, mais il faut surtout épingler Mia Kirshner, dans le rôle d’ Elizabeth Short. Cette victime va prendre corps et vie aux yeux des enquêteurs grâce à des bouts d’essais qu’Elizabeth a tournés lors de castings.
Victime des hommes et de sa naïveté, elle prend ainsi un relief, une vie, une présence et une humanité qui crève l’écran.
Le Dahlia noir est donc un film à voir, idéalement sur grand écran, et s’il laisse une petite déception au coin des lèvres, il prouve malgré tout que Brian de Palma a toujours du talent quoi qu’on en dise
Le Concile de Pierre (5/10)
Critique de Muriel-Hublet: Une adaptation de plus sur grand écran d’un roman de Jean-Christophe Grangé, un auteur de romans thrillers fantastiques tels que Les Rivières Pourpres ou L’empire des loups.
Avant de rentrer dans la salle de votre cinéma favori, oublier votre rationnel au vestiaire, le pauvre, il risquerait de ne pas s’en remettre pour quelques jours. Le Concile de Pierre est d’un des livres de Grangé qui colle le plus à la réalité au départ.
La première partie du film est superbement faite.
Elle nous offre une mise en place de l’intrigue à petits pas posés, elle crée une ambiance malsaine propre à éveiller tous les soupçons, elle accumule personnages secondaires et fausses pistes à plaisir pour mieux titiller notre curiosité.
Musique, images, tout est réuni pour installer une atmosphère pesante et une intrigue que l’on sent se diriger tout doucement vers le paranormal.
Monica Bellucci est transformée, avec des cheveux courts, un air fatigué, on est bien loin de la pimpante image habituelle du mannequin de mode qu’elle interprète trop souvent.
Elle est une jeune femme qui ne vit que pour l’amour de son fils adoptif Liu-San (joué par Nicolas Thau - superbe petit bonhomme) mais qui est un peu paumée, qui se sent devenir paranoïaque, mais sans vraiment de preuves pour étayer celle-ci.
Le film en est plaisant et agréable, on s’attend à une fin proche du réalisme et là non, quasi-déception, le récit prend un brutal virage pour tomber durement dans l’irréalisme propre aux romans de Grangé et on devient frustrés et même plutôt ironiques tant certains morceaux frisent le ridicule.
D’une ambiance lourde et feutrée, les caméras de Guillaume Nicloux nous transportent dans un périple en Mongolie, dans une recherche désespérée de l’enfant enlevé, dans un ancien abri soviétique mortellement pollué, dans une rencontre avec des guérisseurs chamaniques et animistes.
Le tempo du film s’accélère et si certains des indices jusque-là disséminés deviennent des évidences, une série d‘éléments nous apparaissent brutalement et souvent sans aucune explication sur le pourquoi et le comment.
On est donc déçus, avec l’impression qu’on accumule devant nous plein d’évidences pour terminer à la va-vite un film. Cela sent désagréablement le bâclé, avec l’impression furieuse que le réalisateur a pris son temps, à musarder le long du chemin pour tout d’un coup se réveiller comme le lièvre de Monsieur de La Fontaine et se mettre à courir comme un dératé pour rattraper son retard… Hélas au mépris du spectateur qui n’y comprend plus grand-chose.
A qui la faute ???? Probablement au roman tout simplement, les textes de Grangé laissent toujours un malaise énorme adaptés au cinéma.
Ce que l’on peut se permettre sur papier et à l’écran sont des choses parfois très incompatibles.
Reste dans Le Concile de Pierre la superbe interprétation de Monica Bellucci.
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